La spiritualité n'est pas ce que vous croyez : leadership conscient
- Claire Peltier
- 12 juin
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 juin
Comment intégrer spiritualité, conscience et leadership dans la réalité de notre monde
Parmi les personnes que j'accompagne, certaines sont déjà très ouvertes à la spiritualité, aux énergies. Elles sont en chemin — chacune à sa façon, et c'est très important — et elles veulent davantage : davantage de connexion, davantage de profondeur, davantage de ce quelque chose de plus grand qu'elles ont commencé à effleurer.
Beaucoup de leaders conscients me demandent comment concilier spiritualité et vie professionnelle, à un moment ou à un autre :
"Je sens que je devrais me consacrer davantage à tout ça. Apprendre les énergies. Aller plus loin dans ma pratique. Mais ce que je vis dans mon travail, dans mes relations, dans cette vie professionnelle… ça n'a rien de spirituel. C'est même épuisant. Et je me demande si je ne devrais pas tout laisser tomber pour me consacrer à ce qui compte vraiment."
Et à presque toutes, je réponds quelque chose qui les surprend. Quelque chose qui va à l'encontre de ce qu'elles pensent — si c'est effectivement ce que je lis de ce qui cherche à s'exprimer :
"Ce que vous vivez là, dans cette entreprise, ce que vous avez à faire et ce qui résiste — c'est exactement votre travail spirituel."
Je vous explique.

Le piège de la lumière
Quand on s'ouvre au domaine spirituel, on est évidemment tenté d'approfondir, de découvrir. On peut avoir des ressentis et des expériences forts, parfois transcendants, qui nous bouleversent. On trouve une connexion vraie et qui nous nourrit.
Alors il peut sembler naturel, voire logique, de vouloir s'y consacrer davantage. Et il peut sembler que ce chemin-là sera plus fluide, plus lumineux, moins abrasif que ce que l'on vit dans sa réalité professionnelle ou relationnelle.
C'est tentant. Je comprends.
Mais voilà ce que j'observe, qui vient de ma propre traversée (à retrouver dans mon livre à paraître 'Par-delà les ténèbres'), de ce que lis séance après séance (de ce qui cherche à venir à la conscience dans ce que les personnes que j'accompagne traversent), et ce que les grandes traditions mystiques confirment depuis des siècles :
La vraie spiritualité ne s'exprime pas dans la lumière. Elle s'exprime dans la friction. Dans l'ombre. Dans la résistance.
Irina Tweedie, mystique soufie, auteure de The Chasm of Fire (Elements Books, 1979), le dit avec une clarté qui m'a toujours frappée :
"J'avais espéré suivre des cours de yoga… mais je me suis retrouvée contrainte de faire face à l'obscurité qui m'habitait… J'ai été mise à rude épreuve à tous les niveaux, jusqu'à ce que j'accepte cette partie de moi-même que j'avais rejetée toute ma vie."
Elle était allée en Inde pour recevoir ce qu'elle envisageait comme "de merveilleux enseignements". Son maître n'a fait qu'une chose : la confronter à son ombre. Sans relâche. Jusqu'à la limite du supportable.
C'est ça, la spiritualité, le leadership conscient. Pas la version édulcorée, New Age, que l'on aimerait.
Et pour moi, surtout à l'époque que nous traversons, la spiritualité c'est avant tout comprendre toute la profondeur de son incarnation et en accepter la réalité, même quand elle est limitante, inconfortable, voire désagréable.
Le monde qui se met en place
Parlons du contexte. Parce qu'il est impossible de dissocier le chemin personnel de ce qui se passe collectivement.
Nous sommes à un tournant de l'humanité.
Nous vivons une accélération sans précédent : technologique, financière, informationnelle. Des egos démesurés qui veulent toujours plus de pouvoir, toujours plus de contrôle, pour leurs seuls intérêts, sans voir, ou sans vouloir voir, le sillage de destruction qu'ils laissent. Une financiarisation qui ne connaît plus de limite morale. Des décisions prises en niant tout bonnement le vivant. Un état de fragmentation généralisé.
J'appelle cela le Chaos : c'est ainsi que je l'ai traversé, en travaillant avec, la deuxième moitié de l'année dernière. Un chaos visible, palpable, épuisant pour ceux qui ont encore les yeux ouverts.
Ce chaos n'est pas une fin. Il est un outil.
Car au-delà du chaos, ce qui s'est révélé à l'œuvre dans mes travaux (dans des états modifiés de conscience et transes), c'est la conscience universelle. La force de création primitive, la plus puissante qui soit. Celle qui réunit là où tout sépare.
En réalité, c'est elle, le chaos.
Et cette conscience se construit, se met en place, à travers chacun d'entre nous. Et elle passe, toujours, par la traversée de l'ombre.
Comment développer sa conscience quand on est leader, visionnaire ou dirigeant ? Le leadership conscient.
C'est une question que se posent de nombreux leaders en cheminement intérieur.
Si ce qui se met en place se joue à l’échelle globale, chacun a un travail à faire si nous voulons œuvrer à cette conscience.
Il s'agit de faire notre propre travail de conscience. Ce que l'on appelle le self-awareness (la conscience de soi) n'est pas un concept parmi d'autres de développement personnel. C'est la compétence fondamentale à acquérir à notre époque. Savoir s'observer. Comprendre ses réactions. Démêler ses blessures de ses croyances. Ne plus être gouverné par son ego, par l'inconscient, mais l'avoir intégré, traversé, dépassé.
Et enfin — et c'est là que tout se noue — vivre pleinement notre incarnation. Dans nos vies réelles, avec leurs frictions, leurs contradictions, leurs résistances.
Parce que c'est précisément là que se joue le vrai travail. Si l'on veut œuvrer dans la conscience il va falloir accepter de porter un message que votre entourage ne veut pas vraiment entendre, et accepter la tension, la friction.
Il faut aller là où ça résiste. Ce que cela change dans la façon de se voir
Quand on intègre cela, quelque chose se dépose.
On arrête de vivre sa vie professionnelle comme un obstacle à son chemin spirituel. On comprend que le vie professionnelle et la vie spirituelle peuvent être le même chemin. Que la friction n'est pas un signe qu'on est au mauvais endroit. Que l'inconfort n'est pas un signe qu'il faut fuir.
On apprend à se détacher du résultat tout en continuant à agir, en se disant : "Je ne sais pas comment ce que je fais aujourd'hui va s'intégrer dans quelque chose de plus grand. Mais je fais confiance". C'est peut-être la posture la plus difficile, et la plus puissante, de tout chemin spirituel.
On comprend aussi que notre propre travail intérieur (déconstruire nos croyances limitantes, traverser nos peurs, intégrer notre ombre) est directement lié à ce que l'on peut apporter au monde. Par l'action elle-même.
Nous apprenons uniquement dans la friction. Dans ce qui résiste. Dans ce qui nous confronte.
C'est pour cela que l'incarnation est si précieuse. Et parfois si lourde.
Ce n'est pas un obstacle au chemin spirituel. C'est le chemin.
Et vous ?
Où en êtes-vous sur votre chemin ?
Si vous avez des questions sur ce que vous traversez, vos doutes, ce qui vous appelle — et comment concilier ce que vous êtes et ce que vous faites — je vous invite à une séance offerte pour en parler. Je vous dirai ce que je perçois de votre chemin. https://tidycal.com/croissance-integrale/perspectives-60-minutes
Questions fréquentes
Q : La spiritualité est-elle compatible avec le monde de l'entreprise ?
R : Oui — et plus encore, le monde professionnel peut être le terrain de transformation le plus puissant qui soit, à condition de comprendre que la vraie spiritualité s'exprime dans la friction et la résistance, pas uniquement dans la lumière. Q : Qu'est-ce que le self-awareness en leadership ? R : C'est la capacité à s'observer sans se juger, comprendre ses réactions, démêler ses blessures de ses croyances, et agir depuis un endroit qui ne dépend pas de l'ego. C'est la compétence essentielle du leader conscient.
Q : Pourquoi parle-t-on de tournant de l'humanité ?
R : Nous vivons une accélération technologique et financière sans précédent, avec des ego démesurés et une perte de repères humains. Ce chaos est un passage vers plus de conscience collective — mais il demande que chacun fasse son propre travail intérieur.
Q : Comment trouver son chemin spirituel quand on est dirigeant ?
R : En acceptant que votre vie professionnelle — avec ses résistances et ses frictions — soit votre terrain de transformation, puis en vous connectant à votre pouvoir intérieur — ce que j'appelle votre pouvoir intelligent, votre sagesse unique. Le chemin n'est pas ailleurs. Il est là où vous êtes.


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